Bonheur & Réussite scolaire


Cela fait des mois que je réfléchis à cet article. Les idées sont là mais je ne sais pas les mettre dans l'ordre. Il y a un an déjà j'avais passé plusieurs jours à chercher un titre puis j'ai abandonné l'idée. Mais avec la fin d'année qui arrive et les photos de bulletin qui commencent à fleurir sur Facebook et ailleurs, je ressens à nouveau le besoin d'en parler.
En fait ce qui m'empêchait jusque là d'écrire cet article c'est simplement parce que je ne suis pas au claire avec moi même. Je pense une chose mais mon comportement est différent de ma pensée. Je m'explique, à la base je voulais être enseignante alors la réussite scolaire c'est quelque chose qui me parle, l'échec aussi d'ailleurs. J'en sais probablement un peu plus qu'un parent lambda. En même temps, j'ai toujours été une élève moyenne. Pas parce que je ne voulais pas, au contraire j'ai souvent essayé de faire du mieux que je pouvais. Mais ce n'était pas assez pour avoir les meilleures notes. Je n'étais pas de ceux a qui il suffit d'entendre une leçon un fois pour la retenir. J'avais quelques facilités en maths, en tout cas je faisais avec plaisir les devoirs demandés mais le reste c'était pas franchement glorieux. J'ai malgré tout persévéré et j'ai quand même réussi à avoir un bac +3.

J'ai un peu souffert d'être "moyenne". À la maison on me répétait que je pouvais mieux faire au lieu de féliciter mes réussites. On comparait toujours la réussite des autres à la mienne. Les profs ne croyaient pas en moi. Je me souviens de ma prof principale en seconde qui avait affirmé à ma mère que je n'étais pas faite pour le cursus général et que je n'y arriverais jamais. J'ai l'impression qu'on nous rabâchait sans cesse que si on ne réussissait pas à l'école on ne réussirait pas dans la vie et qu'on ne serait pas heureux. On faisait ça pour nous motiver surement. Je comprends bien c'est stressant de ne pas savoir ce que va devenir son enfant.

Aujourd'hui' j'ai envie d'hurler que NON, le bonheur ne se réduit pas à la réussite scolaire. J'ai envie de lâcher du leste, de ne pas mettre la pression à mes enfants. De leur dire que je n'ai pas besoin qu'ils soient premier de la classe pour que je les aime. Que c'est normal d'avoir des lacunes, de ne pas aimer certaines matières, d'aller à son rythme. Qu'on ne peut pas tous être manuel et intellectuel. Qu'on peut très bien être un élève "moyen" et heureux. Oui mais la société nous pousse à dire le contraire. Les enseignants qui soulignent les réussites plutôt que les échecs sont encore trop rare. Je me questionne sur toutes les photos de bulletins parfaits que je vois partout sur les réseaux sociaux. Non pas que je ne trouve pas cela normal d'être fier de son enfant. Ce qui me dérange c'est le besoin de le prouver, de le montrer aux autres. Comme pour se prouver qu'on est un bon parent. Moi aussi je suis souvent hyper fière des réussites de mes enfants, il peut même m'arriver d'en parler sur les réseaux sociaux. Mais je préfère rester discrète et ne pas le faire constamment. Je déteste cette course à celui qui aura le "meilleur" enfant. Il y a surement des parents dont les enfants sont en grande difficulté qui voudraient eux aussi partager leur bonheur de les voir réussir. Ils réussissent tous à leur manière. Même le "dernier" de la classe mérite qu'on le félicite et qu'on mette en avant toutes les choses qu'il a acquis dans l'année. Un enfant qui ne réussi pas à l'école ce n'est pas forcement la fautes des parents. Le système scolaire actuel n'est pas vraiment fait pour que chaque enfant donne le meilleur de soi. J'en ai vu des enfants laissés à l'abandon, dont les parents ne se souciaient de rien et certainement pas de leurs résultats scolaires. Oui c'est malheureux. Mais il y aussi des parents qui seraient prêt à tout pour que leur enfant soit bon élève et souffre beaucoup de ne pas y arriver.

Je voudrais donc ne pas m'en soucier pour Soel et Kéziah en me disant que le plus important c'est de leur apprendre à toujours donner le meilleur d'eux même. Et surtout de faire ce qu'ils aiment vraiment. En tant que parent ce que l'on souhaite par dessus tout c'est que nos enfants soient heureux. Evidemment il y a l'inquiétude de la réussite professionnelle qui nous pousse à demander toujours plus. Pour vivre correctement, il faut de l'argent, donc un métier. Alors on les motive autant qu'on peut en espérant qu'ils ne seront jamais dans le besoin et pourront vivre sans s'inquiéter du lendemain. Mais il y a tellement de moyen de réussir sa vie et de faire un métier que l'on aime. 

J'ai l'impression que ce que je dis est complètement décousu. Mais j'avais vraiment besoin d'en parler aujourd'hui. Pas pour faire culpabiliser les parents qui mettent en avant la réussite de leurs enfants. Parce que je sais à quel point c'est tentant d'annoncer au monde entier que son enfant a réussi son examen, a gagné sa compétition sportive, a fait ses premiers pas. Mais plutôt pour déculpabiliser tout ceux dont l'enfant a mis plus de temps que la moyenne à le faire. Dire à ses parents dont les enfants ont des résultats un peu juste qu'eux aussi méritent qu'on les félicite. Qu'un enfant qui n'y arrive pas n'est pas forcement un enfant qui ne veut pas. 

Je le sais et pourtant il m'arrive parfois de perdre patience quand j'explique à Kéziah pour la dixième fois la même notion et qu'il n'est toujours pas capable de répéter correctement. Sur le moment je ne comprends pas pourquoi il n'arrive pas à retenir quelque chose qui me parait si simple alors qu'il peut retenir les noms des joueurs de foot ou des personnages de Star Wars. Puis en y réfléchissant un peu je me souviens à quel point les leçons de grammaire étaient abstraites quand j'avais son âge. Je me dis que son cerveau n'est probablement pas assez mature pour le comprendre maintenant mais qu'à force de répétition ça finira pas rentrer. Ou pas! Mais que ce qui se joue à cet instant T ne va pas forcement sceller son avenir pour toujours.

Je me sens un peu ridicule d'en faire tout un plat alors que Kéziah n'est clairement pas un élève en difficulté, ses résultats sont même plutôt bons. Mais comme je le disais plus haut je suis tiraillé entre ce que je veux (son bonheur) et ce que l'on attend de moi (en faire un parfait petit élève/enfant). Je n'arrive pas complètement a agir comme je le souhaite. Je vois tellement de jugement sur les réseaux sociaux, que des parents font à d'autres parents. La plupart de temps je ne comprends pas. Je voudrais donc vous dire aujourd'hui que si votre enfant n'est pas parfait, c'est normal. On ne vous en voudra pas d'avoir essayé et d'avoir échoué. On attend pas de vous que tout se passe parfaitement. Si votre enfant n'est pas propre à 3 ans, il le sera un jour. Si votre enfant a du mal à parler, il finira par y arriver. Votre enfant donne l'impression d'être mal élevé alors que vous avez tout essayé. Votre enfant n'aime pas l'école. Cela ne veut pas dire qu'il sera forcement délinquant, qu'il dérivera ou qu'il n'aura pas une belle carrière professionnelle. 

Si vraiment les difficultés sont trop importantes. Alors, il n'y a aucun mal et aucune honte à demander de l'aide à un professionnel. Ce n'est pas parce que vous avez échoué dans votre rôle de parent que votre enfant ira chez l'orthophoniste, le psy ou en soutien scolaire. C'est simplement parce que votre enfant à besoin de plus de temps ou d'une personne qui sache exactement comment l'aider car vous n'arrivez pas identifier le problème. 

Accepter que nos enfants ne sont pas parfait c'est faire le deuil de l'enfant que nous avons imaginé pendant toute notre grossesse. Ca peut paraitre ridicule mais avant d'être maman j'étais persuadée que je me débrouillerais mieux que la mienne, que je ne ferais pas les mêmes erreurs. Alors que sincèrement elle a déjà fait un super job! Je pensais que c'était facile d'avoir des enfants et que le fait de vouloir quelque chose suffisait. Par exemple, je me disais si on veut que son enfant réussisse à l'école alors on se donne les moyens d'y arriver. La fameuse phrase " Quand on veut, on peut". Mais ce n'est pas vrai! Ca ne se passe pas comme ça. Pour que nos enfants soient heureux on doit accepter qu'ils ne soient pas exactement comme on les avait imaginé/souhaité. 

J'avais imaginé que mes enfants seraient calmes et j'ai appris a accepté que ce ne soit pas le cas. Et si il y a quelques années des commentaires tel que "Tu devrais lui faire faire du sport, pour le fatiguer!", "Vous devriez être plus ferme pour ne pas que ce soit pire!", "Il bouge beaucoup quand même..." me faisaient douter de ma capacité à être une bonne mère aujourd'hui je sais que je ne peut rien faire contre ça. Même une journée à courir partout ne les épuise pas. Ils ont de l'énergie et c'est comme ça. Ne doutez pas de vous parce que votre entourage vous fait des remarques. Nous rencontrons tous des difficultés. Pas toujours les mêmes certes, mais ce n'est facile pour personne d'être parent. Surtout pas quand la société veut vous faire croire que l'enfant parfait existe.

Je crois que j'ai encore beaucoup de choses à dire à ce sujet mais je vais m'arrêter là. J'aimerai beaucoup avoir votre ressenti là dessus. Parce que je ne sais pas si je suis là seule à être dans ce cas. Peut être que je raconte n'importe quoi même. Bref je serais contente d'en discuter avec vous parce que c'est un sujet qui me tient particulièrement à coeur. 


8 commentaires

  1. Je suis tellement d'accord avec toi (j'ai d'ailleurs partagé ton article). Le bonheur ne s'arrête pas à la réussite scolaire et professionnelle, pas pour tout le monde. Pousser son enfant maintenant peut avoir tellement de répercussions après ...
    Ma mère n'était jamais contente de ce que je faisais, j'ai fini par en avoir assez et décrocher (ce n'était pas la seule excuse hein, mais ça en fait parti ...)

    Quand ton frère loupe tout et est encouragé pour la moindre réussite, toi, tu fini par n'être "rien" et c'est blessant ... Pour moi, le moindre effort, la moindre belle chose doit être victoire, petites ou grandes, et c'est ce que j'essaie d'inculper à mes enfants : Chaque nouvelle étape est une victoire à la maison, même s'ils l'ont fait plus tard qu'un autre, je m'en fiche.

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  2. Merci pour cet article tes mots pourraient être les miens ton article me fait du bien Lola vraiment. Tu es une mère formidable et je me rends compte que je fais aussi du mieux que je peux même si comme toi mes mots dépassent trop souvent ma pensée et ne sont pas toujours en accord je fais aussi au mieux et j'espère que ce sera le cas pour Lucas.

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  3. Tres bien ecrit et tres realiste...bravo pour ces mots si bien posés sur le ressenti d une maman!

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  4. Tres bien ecrit et tres realiste...bravo pour ces mots si bien posés sur le ressenti d une maman!

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  5. Olalala j aime tellement cet article merci de dire ce que je ressent "entre autre" c est tellement compliqué cette ambiguïté.
    On est de toute façon fier d un rien on est tellement Gaga de nos chère tête blonde et finalement c est en voyant les expositions de réussite qu on devient zinzin (pardon pour l expression dès année 50) les premières nuits les premiers petits pots les premiers pas la propreté et le premier jour d Ecole sans pleurs les premiers dessins ("ah ton fils ne connaît pas encore les couleurs le mien les connaît depuis ces 2 ans" et tu te prends ca dans les dents bimmm ALors qu il les connaîtra un jour les couleurs merde) et ceux qui savent lire avant le cp bref j en passe et quand toi t es dans aucune catergorie et que meme ton fils a un tdah et qu il a fait pipi au lit jusqu a 7 ans (ba t achete des dry nite et on te dit "ah ba oui mais si tu lui permets de faire Pipi au lit il fera tjrs" et ba non il n était juste pas près merde) et que la prof de natation te dit j ai jamais vu ca (je ne lui jette pas la pierre mon fils ne se canalise pas est un grand angoissé est foufou exité bref il sera nager un jour enfin je l espère) et je ne te parle pas de mon 2 eme qui a eu un retard de language en petite section (on me disait il parlera un jour) et ba non car apres maintes et maintes recherches il a une maladie génétique qui lui a fait perdre tous ces sens et celui la je l aime pas pour ces exploits mais juste parce que c est mon fils qu il etait genial avant d être malade drôle et attendrissant mais il ne progressera plus jamais et n aura pas de réussite scolaire la maîtresse me disait d ailleurs "désolée je ne peux pas l évaluer " et c etait ca on ne pouvait pas lui mettre d appréciation mais il était super quand même (désolée de la lourdeur de mon expérience mais c est ma réalité)
    Merci pour cet article qui me parle beaucoup et qui m a fait trop parler 😂 J adore ton insta et ton blog est trop chouette super famille d une grande fraîcheur simple "in" et vous êtes en plus trop trop beau touS les 4

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  6. Grâce à votre site je viens d’appendre plusieurs choses. Continuez !

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  7. Recevant quotidiennement les parents des élèves "pénibles" je me rends compte à quel point ils vivent mal une scolarité "difficile", rares sont les parents qui s'en fichent, tous aimeraient les voir réussir.
    Ils sont souvent très soulagés quand on leur explique que rien n'est perdu et qu'ils pourront avoir un avenir heureux, eux sont souvent fiers de leur enfant d'ailleurs mais ils ne sont pas fiers quand ils en parlent aux autres parents (la fameuse exposition du bulletin sur FB...) et je trouve ça dommage!

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  8. C'est Céline , je n'arrive pas à mettre mon prénom/nom ça me demande des trucs bizarres

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